Le jour où l’État a commencé à louer son propre argent.
Décryptage monétaire
Avant 1973, l’État français pouvait se financer plus directement auprès de sa Banque de France. Le principe était simple : lorsqu’un investissement stratégique devait être lancé, la création monétaire pouvait accompagner l’effort national sans dépendre totalement des marchés financiers.
Avec la réforme de 1973, souvent appelée à tort ou à raison « loi Pompidou-Giscard-Rothschild », un changement profond intervient : l’État doit progressivement se financer davantage auprès des banques privées et des marchés, avec intérêts.
Ce changement n’a pas créé seul la dette publique, mais il a transformé sa nature. La dette devient un flux permanent d’intérêts vers le secteur financier. Le coût du financement public n’est plus seulement économique : il devient politique.
Chaque décision budgétaire doit désormais rassurer les créanciers, les marchés et les agences de notation. L’État peut encore décider, mais il décide sous surveillance. Voilà pourquoi ce débat dépasse largement la technique bancaire.
Le débat autour de 1973 reste sensible, car il touche à une question fondamentale : qui doit contrôler la monnaie ? Un État souverain sous contrôle démocratique, ou un système dépendant des marchés financiers ?
Si cette question dérange autant, c’est parce qu’elle oblige à regarder la dette non plus comme une fatalité abstraite, mais comme le résultat d’une architecture politique construite dans le temps.
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