Comment les règles situées au-dessus des États peuvent réduire la capacité des citoyens à corriger démocratiquement les choix politiques.
Décryptage institutionnel
Les règles supranationales sont souvent présentées comme des garanties de stabilité, de paix et de coopération. Elles peuvent effectivement éviter l’arbitraire et encadrer les rapports entre États. Mais lorsqu’elles deviennent trop nombreuses, trop rigides ou trop éloignées des peuples, elles transforment le droit en verrou.
Le problème n’est pas l’existence de règles communes. Le problème apparaît lorsque ces règles deviennent presque impossibles à modifier, même lorsqu’une majorité de citoyens souhaite changer de direction.
Dans une démocratie nationale, une loi peut être contestée, abrogée, corrigée. Dans un cadre supranational, la modification suppose souvent l’accord de nombreux États, d’institutions non élues ou de procédures complexes. Le débat existe encore, mais la correction devient presque impraticable.
C’est ainsi que se construit une forme de gouvernement par l’irréversibilité : les citoyens votent, les majorités changent, mais les grands choix économiques, monétaires ou commerciaux restent enfermés dans des traités.
La souveraineté ne signifie pas faire n’importe quoi. Elle signifie pouvoir décider, mais aussi pouvoir se tromper, corriger et changer de cap. Un peuple privé de cette possibilité n’est plus réellement maître de son avenir.
La question centrale devient donc : qui doit avoir le dernier mot ? Les citoyens, par leurs institutions nationales, ou des règles situées au-dessus d’eux et presque impossibles à renverser ?
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